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Kurdistan d'Irak: deux blessés dans une attaque contre des chrétiens


Mardi 1 avril 2025 à 19h24

Dohouk (Irak), 1 avr 2025 (AFP) — Deux personnes ont été blessées mardi, dont une sexagénaire, dans une attaque à l'arme blanche lors de célébrations de la communauté assyrienne chrétienne au Kurdistan autonome, dans le nord de l'Irak, selon des sources officielles.

La police locale du Kurdistan, les Assayech, enquête encore sur les circonstances de cette rare attaque dans la ville de Dohouk et n'était pas en mesure de déterminer dans l'immédiat s'il s'agissait ou non d'un acte "terroriste".

L'assaillant qui a été arrêté est Syrien, a indiqué à l'AFP un haut responsable gouvernemental s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité du dossier. La télévision kurde locale Rudaw a évoqué une attaque au couperet.

Selon une source policière, l'attaque sur un marché a visé des participants des traditionnelles célébrations d'"Akitu", fête du printemps tirant ses origines de la Mésopotamie antique et aujourd'hui encore célébrée comme le nouvel an du calendrier de la communauté chrétienne assyrienne.

"Un homme de 25 ans a été légèrement blessé au cuir chevelu", et "une femme de 65 ans a également été frappée à la tête", selon un communiqué des autorités médicales de Dohouk.

La sexagénaire a eu une hémorragie "qui n'a pas nécessité d'intervention chirurgicale", selon la même source, précisant qu'elle était sous surveillance médicale et que son état était "stable".

"Nos forces de sécurité ont appréhendé le suspect (...) l'enquête se poursuit", a indiqué lors d'un point presse le gouverneur de Dohouk, Ali Tatar. Un tel acte ne menacera pas "la coexistence pacifique" au Kurdistan, a-t-il assuré.

Forte de plus de 1,5 million de personnes avant la chute de Saddam Hussein en 2003, la communauté chrétienne d'Irak s'est réduite depuis comme peau de chagrin à quelque 400.000 âmes, beaucoup ayant fui par vagues successives les violences qui ont ensanglanté le pays.

La montée en puissance en 2014 du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui avait conquis Mossoul pour en faire leur "capitale" dans le nord de l'Irak, avait notamment accentué leur exode.

Mais même quand l'EI tenait Mossoul et ses environs, jusqu'à sa mise en déroute en 2017, le Kurdistan autonome voisin avait été relativement épargné par les attaques jihadistes.

Des cellules jihadistes restent actives aujourd'hui en Irak, attaquant sporadiquement l'armée et la police, particulièrement dans les zones rurales et reculées.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.