Page Précédente

Kurdistan d'Irak: deux blessés dans une attaque contre des chrétiens imputée à l'EI


Mardi 1 avril 2025 à 23h14

Dohouk (Irak), 1 avr 2025 (AFP) — Deux personnes ont été blessées mardi dans une attaque à l'arme blanche lors de célébrations de la communauté assyrienne chrétienne dans le nord de l'Irak, où les autorités du Kurdistan autonome ont pointé du doigt le groupe Etat islamique (EI).

Tard mardi soir, le conseil sécuritaire des autorités du Kurdistan autonome a confirmé dans un communiqué l'arrestation de l'assaillant, précisant qu'il était "de nationalité syrienne" et qu'il "partageait une idéologie terroriste affiliée à Daech", acronyme arabe de l'EI.

Selon une source policière interrogée par l'AFP, l'attaque, très rare au Kurdistan et qui a eu lieu sur un marché de la ville de Dohouk, a visé des participants des traditionnelles célébrations d'"Akitu", fête du printemps tirant ses origines de la Mésopotamie antique et aujourd'hui encore célébrée comme le nouvel an du calendrier de la communauté chrétienne assyrienne.

La télévision kurde locale Rudaw a évoqué une attaque au couperet.

"Un homme de 25 ans a été légèrement blessé au cuir chevelu", et "une femme de 65 ans a également été frappée à la tête", selon un communiqué des autorités médicales de Dohouk.

La sexagénaire a eu une hémorragie "qui n'a pas nécessité d'intervention chirurgicale", selon la même source, précisant qu'elle était sous surveillance médicale et que son état était "stable".

Forte de plus de 1,5 million de personnes avant la chute de Saddam Hussein en 2003, la communauté chrétienne d'Irak s'est réduite depuis comme peau de chagrin à quelque 400.000 âmes, beaucoup ayant fui par vagues successives les violences qui ont ensanglanté le pays.

La montée en puissance en 2014 du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui avait conquis Mossoul pour en faire leur "capitale" dans le nord de l'Irak, avait notamment accentué leur exode.

Mais même quand l'EI tenait Mossoul et ses environs, jusqu'à sa mise en déroute en 2017, le Kurdistan autonome voisin avait été relativement épargné par les attaques jihadistes.

Des cellules jihadistes restent actives aujourd'hui en Irak, attaquant sporadiquement l'armée et la police, particulièrement dans les zones rurales et reculées.

Un récent rapport onusien publié en début d'année indique qu'en Irak, "les opérations antiterroristes menées par le gouvernement ont entraîné la mort de près de la moitié des hauts responsables de Daech dans le pays."

Mais si l'EI "poursuit ses activités à un rythme moins soutenu en Irak", note ce rapport, "il existe un risque que le groupe tire parti de la situation instable en République arabe syrienne pour renforcer sa position."

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.