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Ouverture du procès de Saddam Hussein, accusé de génocide au Kurdistan


Lundi 21 août 2006 à 10h28

BAGDAD, 21 août 2006 (AFP) — Le procès de l'ancien président irakien Saddam Hussein, jugé pour génocide, et de six de ses lieutenants, pour les campagnes Anfal qui auraient fait jusqu'à 100.000 morts au Kurdistan en 1987 et 1988, s'est ouvert lundi à Bagdad.

L'audience du Haut tribunal pénal irakien s'est ouverte en présence de tous les accusés peu avant 12H00 (08H00 GMT), sous la présidence du juge chiite Abdallah al-Ameri.

L'audience de lundi devrait largement être consacrée à des questions de procédure, en particulier la lecture de l'acte d'accusation, avait indiqué peu auparavant Raëd Jouhi, le principal juge d'instruction du Haut tribunal.

L'instruction pour le procès des campagnes Anfal a été bouclée début avril et Saddam Hussein, ainsi que six coaccusés, a été inculpé le 4 avril pour son rôle lors de ces opérations, présentées par l'ancien régime comme une opération de contre-insurrection en temps de guerre contre l'Iran.

L'un des coaccusés, Ali Hassan al-Majid, un cousin de Saddam Hussein, surnommé "Ali le chimique", est au centre de l'affaire. Il fait l'objet de nombreuses accusations, notamment d'utilisation de gaz toxiques, d'exécutions massives, et d'établissement de camps de détention pour soumettre le Nord kurde.

Selon diverses estimations, jusqu'à 100.000 personnes ont été tuées et plus de 3.000 villages ont été détruits pendant les campagnes Anfal, qui ont également provoqué un déplacement massif de la population kurde.

Le procès devrait s'achever en décembre, selon un responsable américain, à moins qu'il ne soit interrompu par le verdict du premier procès de Saddam Hussein, dans l'affaire de Doujaïl, où le président déchu et ses sept co-accusés sont jugés pour la mort de 148 villageois chiites tués dans les années 1980 après un attentat contre le convoi présidentiel en 1982.

Ce verdict doit être prononcé le 16 octobre. Si Saddam Hussein est reconnu coupable, il risque la peine de mort. Il pourra faire appel, mais en cas de rejet, il pourrait être exécuté dans un délai de 30 jours, soit avant la fin du procès Anfal, qui se poursuivrait alors sans lui.

La défense de Saddam et de ses co-accusés sera assurée par 12 avocats, tandis que 32 avocats représenteront les victimes.

Le parquet se dit assuré de prouver par des documents écrits et des témoignages qu'en ordonnant la campagne Anfal ("butin de guerre", selon une sourate du Coran), Saddam s'est rendu coupable d'un génocide.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.