Page Précédente

Raid contre un village kurde, une mosquée historique endommagée à Deraa


Dimanche 14 avril 2013 à 17h32

DAMAS, 14 avr 2013 (AFP) — L'aviation a mené dimanche un raid sanglant contre un village kurde du nord-est de la Syrie tuant au moins 16 personnes tandis qu'à Deraa, berceau de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad, régime et rebelles s'accusent d'avoir endommagé une mosquée historique.

A Alep, le correspondant de la télévision officielle et deux cameramen ont été blessés, ainsi que 15 autres personnes dans un attentat suicide à la voiture piégée, et plus au nord, l'armée syrienne a brisé le siège imposé par les rebelles depuis six mois à deux camps militaires.

Dans la province de Hassaké, qui avait réussi jusqu'à présent à rester à l'écart de la guerre civile, un raid de l'aviation sur la localité de Haddad a tué 16 personnes, dont trois enfants, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"Il y a dans ce village une position rebelle pourtant ce n'est pas elle qui a été visée mais des maisons habitées par des civils", a affirmé à l'AFP le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane dont les informations reposent sur un vaste réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires.

Jusqu'à présent le calme régnait dans les régions à majorité kurde car les dirigeants avaient conclu un compromis avec le régime et les rebelles, mais ces dernières semaines, à Alep, les combattants kurdes avaient rejoint les rebelles syriens provoquant une réaction brutale de l'armée.

Au même moment, un autre avion a largué ses bombes sur Qaboun, un quartier rebelle du nord-est de Damas, tuant neuf enfants, selon l'Observatoire. Au total 23 enfants ont été tués dimanche dans le pays.

Dans la ville de Deraa, dans le sud du pays, régime et rebelles se sont accusés d'avoir détruit le minaret carré en pierres noires d'une mosquée remontant aux premières heures de l'islam.

Selon les opposants regroupés au sein du Conseil national syrien (CNS) "le régime d'une barbarie sans limite a visé avec ses chars le minaret de la mosquée Omari, un important symbole de la civilisation, la spiritualité et l'humanité".

Cette mosquée, située dans le centre de Deraa, fut le point de départ à la mi-mars 2011 de manifestations géantes en réaction aux tortures infligées par les services de sécurité à des enfants qui avaient écrit sur un mur un slogan contre Assad.

Mais, l'agence officielle Sana, citant un "responsable" anonyme à Deraa, a accusé le Front al-Nosra, d'avoir "fait sauter" la mosquée en arguant que "les terroristes avaient obtenu des fatwa (décrets religieux) les autorisant à viser les lieux de culte si cela s'avérait nécessaire". Dans la terminologie du régime, le mot "terroriste" désigne les rebelles.

A Alep, partagé entre rebelles et loyalistes, le correspondant de la télévision officielle Chadi Héloué et deux cameramen "ont été blessés dans un attentat à la voiture piégée".

Selon la chaîne, "deux terroristes à bord d'une voiture piégée ont tenté d'attaquer un centre de renseignement. Les terroristes ont été tués et 18 personnes ont été blessées, dont les journalistes".

Plus au nord, l'armée a brisé un siège de six mois de deux camps dans la province d'Idleb (nord-ouest). "Pour la première fois depuis des mois, les forces du régime ont réussi à briser le siège des camps militaires de Wadi Deif et Hamdiya, après que l'armée a pris les rebelles de revers", a expliqué l'OSDH.

Au moins 21 rebelles ont été tués dans cette attaque contre le village de Babulin, précise l'Observatoire.

L'acte d'allégeance publique du Front al-Nosra au chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri jette toujours le trouble chez les opposants. "Nous nous opposons fermement à toute action ou déclaration qui va à l'encontre de la volonté du peuple syrien et des objectifs de la révolution. Ces initiatives servent seulement le régime d'Assad et portent atteinte aux progrès de la révolution", indique le plus important regroupement d'opposants au régime en place en Syrie.

La violence, selon un bilan provisoire, a causé dimanche la mort de 44 civils et neuf rebelles.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.