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Le PKK doit entamer mercredi son retrait de Turquie


Mercredi 8 mai 2013 à 08h31

ANKARA, 08 mai 2013 (AFP) — Les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) doivent entamer mercredi leur retrait de Turquie vers leurs bases-arrière du nord de l'Irak, une opération qui s'inscrit dans le cadre d'un processus de paix mais qui s'annonce délicate.

L'aile militaire du mouvement armé a confirmé mardi que son retrait de Turquie commencera bien mercredi, comme annoncé, tout en mettant en garde Ankara contre toute "provocation" qui pourrait faire dérailler l'opération.

"A la suite de l'appel de notre leadership et sur la base de la décision prise par la direction (du PKK) nos combattants agiront pour entamer un processus de retrait à partir du 8 mai", souligne le HPG dans un communiqué rapporté par l'agence pro-kurde Firat News.

Celle-ci a aussi exhorté les responsables turcs de s'abstenir de toute action pouvant compromettre le retrait.

"Les opérations de reconnaissance incessantes de drones aériens retardent le processus de retrait", affirme le PKK, ajoutant que les mouvement de troupes armées dans le sud-est anatolien, théâtre d'action du PKK "n'affectent pas seulement le retrait mais préparent le terrain pour des provocations et des affrontements".

Malgré tout, les premiers groupes de rebelles doivent parvenir "en l'espace d'une semaine" à leurs bases du nord de l'Irak, où le PKK dispose de camps retranchés, souligne le texte.

Le PKK ajoute qu'il restera fidèle à son engagement de se retirer du sol turc dès lors qu'il n'est pas attaqué par les forces armées turques.

Dans le passé, l'armée turque avait profité de trêves unilatérales du PKK pour infliger de lourdes pertes à ses troupes.

Mais cette fois tout laisse présager que cela ne sera pas le cas. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en a d'ailleurs donné l'assurance.

Le nombre de rebelles kurdes présents en Turquie est estimé à 2.000, auxquels s'ajoutent 2.500 combattants dans les bases arrières du mouvement sur le sol irakien.

Le retrait constituera la deuxième phase concrète du processus de paix engagé entre le PKK et Ankara.

Dans un premier geste, le PKK avait annoncé le 25 avril que ses forces combattantes quitteront la Turquie à partir du 8 mai, dans le cadre de négociations de paix en cours depuis la fin de l'année dernière entre le chef emprisonné des rebelles, Abdullah Öcalan, et les autorités turques.

Depuis, aucun combat PKK-armée n'a été signalé.

Öcalan a appelé en mars le PKK au cessez-le-feu et à se retirer de Turquie.

Mercredi, aux journalistes qui l'interrogeaient à Ankara, M. Erdogan a affirmé une nouvelle fois que les rebelles devaient quitter le sol turc avec leurs armes.

"Ils savent d'où ils sont entrés en Turquie, ils sauront aussi en ressortir par le même chemin", celui de pistes escarpées du sud-est de la Turquie, frontalière de l'Irak, a-t-il dit, cité par l'agence Anatolie.

Dans un récent entretien à un journal turc, le numéro deux du PKK, Murat Karayilan, a indiqué que le retrait devrait s'achever à l'automne.

Il en a aussi profité pour dire que la balle est maintenant dans le camps d'Ankara, exigeant des réformes pour la minorité kurde.

Les Kurdes de Turquie réclament la reconnaissance de droits spécifiques, notamment le droit à l'éducation en langue kurde, pour leur communauté de 12 à 15 millions de membres, ainsi qu'une autonomie.

M. Karayilan insiste aussi sur la volonté du PKK, considéré comme une organisation terroriste dans de nombreux pays, de voir remis en liberté Öcalan, qui purge une peine à vie. Ankara a déjà catégoriquement exclu son élargissement ou son assignation à résidence.

Le gouvernement a adopté le mois dernier une réforme de sa législation antiterroriste qui limite le champ des poursuites contre les militants de la cause kurde.

Une frange de l'opinion turque reste toute fois catégoriquement opposée aux discussions engagées par le gouvernement avec le chef du PKK, largement considéré comme un "terroriste".

Le conflit kurde en Turquie a fait plus de 45.000 morts, selon l'armée turque, depuis le début de l'insurrection du PKK, en 1984.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.